Les grandes équipes de recherche pénalisent les carrières : une nouvelle étude bouscule le monde académique
ParisUne recherche récente menée par Donna Ginther de l'Université du Kansas et ses co-auteurs de l'Université de Melbourne révèle que les grandes équipes de recherche en milieu universitaire pourraient nuire aux perspectives de carrière des jeunes scientifiques. Concentrée sur la taille des équipes au moment où les doctorants obtiennent leur diplôme, l'étude évalue l'impact de celle-ci sur leurs trajectoires professionnelles.
Parmi les découvertes clés :
- Les jeunes scientifiques travaillant dans des disciplines où les équipes sont larges connaissent des perspectives de carrière moins favorables.
- Le système de récompenses académiques ne s'est pas bien adapté au travail d'équipe, restant essentiellement axé sur l'individu.
- La croissance des équipes rend difficile l'identification des contributions individuelles, ce qui affecte les opportunités d'emploi et de financement.
- L'augmentation de la taille des équipes est également liée à des délais plus longs pour obtenir des postes académiques et des subventions de recherche.
- Pour améliorer les résultats, la recherche suggère que la formation de plus petites équipes pourrait être plus bénéfique tant pour la découverte que pour la progression de carrière.
Ces résultats soulignent un éventuel besoin de changements politiques pour encourager la formation de groupes de recherche plus modestes.
Implications de la taille de l'équipe
Les répercussions des équipes plus grandes dans la recherche académique sont profondes, notamment pour les jeunes scientifiques qui cherchent à établir leur carrière. Une étude révèle que lorsque la taille des équipes augmente, il devient plus difficile de reconnaître les contributions individuelles. Ce manque de reconnaissance peut entraîner des difficultés à obtenir des postes académiques et à décrocher des financements pour la recherche. La dépendance aux grandes équipes complique la tâche de ceux qui veulent prouver leur valeur.
À première vue, les grandes équipes peuvent sembler avantageuses, mais elles présentent plusieurs inconvénients pour les membres individuels :
- Difficultés à différencier les contributions : Avec l'expansion des équipes, il devient ardu de discerner les apports spécifiques de chaque scientifique.
- Impact sur la progression de carrière : Les retards dans l'obtention de postes académiques ou de subventions de recherche peuvent survenir lorsque les réalisations individuelles ne sont pas claires.
- Inadéquation avec les systèmes de récompense : Les systèmes de récompense académiques actuels privilégient les accomplissements individuels, mais les grandes équipes diluent cette reconnaissance.
Ce cadre crée un environnement brouillé où la compétence scientifique d'un individu devient plus difficile à évaluer. Si l'effort d'un scientifique est indiscernable au sein d'un grand groupe, cela pourrait entraver des étapes cruciales dans sa carrière, comme l'obtention d'un poste de titulaire ou de subventions de recherche essentielles. Cela peut avoir un effet domino, ralentissant potentiellement les carrières scientifiques et le rythme global de l'innovation.
Les résultats de l'étude suggèrent que le milieu académique pourrait bénéficier en encourageant des collaborations avec des équipes plus petites. Ces petites équipes pourraient mieux aligner l'effort individuel avec la reconnaissance méritée, conduisant à de meilleures perspectives de carrière. Ce changement pourrait non seulement profiter aux chercheurs en début de carrière, mais aussi améliorer la qualité et l'impact des découvertes scientifiques. Comme souligné, ce modèle pourrait s'appliquer à d'autres domaines où le travail en équipe est répandu, soulignant un besoin potentiel de changements de politique à plus grande échelle.
Orientation des futures recherches
En considérant les implications de cette étude, de futures recherches pourraient se pencher sur la dynamique entre la taille des équipes et l'évolution de carrière dans divers domaines. Les chercheurs pourraient s'intéresser à la façon dont la structure des collaborations académiques influence la reconnaissance individuelle et la progression professionnelle. Cette investigation ouvre la voie à l'examen de l'équilibre entre la taille de l'équipe et les résultats de carrière, ce qui pourrait offrir des perspectives pratiques.
Les chercheurs devraient envisager les domaines d'exploration potentiels suivants :
- Identifier les tailles d'équipes optimales pour favoriser à la fois la découverte scientifique et la progression individuelle.
- Examiner si les équipes plus petites et interdisciplinaires obtiennent des résultats différents par rapport aux équipes plus grandes et axées sur une seule discipline.
- Explorer le rôle que jouent les relations mentor-mentoré au sein des équipes et leur influence sur les trajectoires professionnelles.
Au-delà du cadre académique, une enquête sur les effets de la taille des équipes dans des secteurs comme la technologie, la santé ou l'armée pourrait révéler des schémas plus larges. Ces domaines, souvent dépendants des efforts collaboratifs, peuvent affronter des défis similaires en ce qui concerne la reconnaissance individuelle et l'avancement professionnel.
Des recherches futures pourraient également explorer comment les structures de financement favorisent ou découragent les grandes équipes. Évaluer si les incitations financières sont alignées avec la promotion de tailles d'équipes réalistes qui équilibrent l'innovation et le développement professionnel serait enrichissant. Des études pourraient envisager des politiques soutenant les équipes plus réduites, entraînant potentiellement un changement dans la manière dont les projets de recherche sont financés et évalués.
En somme, comprendre comment la taille de l'équipe influence non seulement les résultats de la recherche, mais aussi les carrières individuelles est crucial. Un examen approfondi de ces dynamiques pourrait fournir des stratégies pour redéfinir les modèles de collaboration, répondant aux besoins à la fois des individus et de la communauté.
L'étude est publiée ici:
https://www.nature.com/articles/s41587-024-02351-8et sa citation officielle - y compris les auteurs et la revue - est
Mabel Andalón, Catherine de Fontenay, Donna K. Ginther, Kwanghui Lim. The rise of teamwork and career prospects in academic science. Nature Biotechnology, 2024; 42 (8): 1314 DOI: 10.1038/s41587-024-02351-8
ainsi que le référence principale de l'actualité.
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