Poursuivre le bonheur épuise notre volonté et compromet notre joie, selon une étude.

Temps de lecture: 3 minutes
Par Pierre Martin
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ParisLors d'expériences, les participants essayant de maximiser leur bonheur se montraient moins persévérants dans les tâches à accomplir et succombaient davantage aux douceurs chocolatées. Ces comportements s'expliquent car la recherche du bonheur et l'autocontrôle sollicitent tous deux des ressources mentales limitées. Les chercheurs proposent de puiser le bonheur dans l'appréciation de ce que l'on possède, plutôt que dans la quête incessante d'en avoir plus. Éviter les efforts constants pour se sentir heureux pourrait bien préserver notre force mentale, et finalement nous apporter davantage de bonheur.

Drainage des ressources mentales

L'étude met en lumière comment la quête incessante du bonheur peut épuiser nos ressources mentales. Se concentrer trop intensément sur l'idée d'être heureux nous épuise mentalement, ce qui a un impact direct sur notre self-control. Nous cédons plus facilement aux tentations qui ne mènent pas à un bonheur authentique. Les chercheurs ont découvert que les personnes qui recherchent constamment le bonheur exercent moins de contrôle sur elles-mêmes au quotidien, suggérant que la quête du bonheur et le self-control puisent dans la même réserve limitée d'énergie mentale.

Cette idée du bonheur comme un objectif à poursuivre activement pourrait s'avérer contre-productive. L'étude suggère qu'à trop s'acharner à rechercher le bonheur, il devient insaisissable. Au lieu de cela, le bonheur pourrait être mieux atteint en appréciant ce que nous avons déjà, plutôt que de chercher constamment plus. Comprendre que le bonheur n'a pas besoin d'être activement recherché en permanence peut aider à conserver nos ressources mentales et mener à un bien-être plus équilibré. Apprendre à relâcher nos efforts pour trouver le bonheur peut préserver notre énergie mentale pour d'autres décisions et tâches qui enrichissent notre vie quotidienne.

Orientations futures de recherche

La nouvelle étude ouvre plusieurs pistes fascinantes pour la recherche future. L'une d'elles explore la manière dont différentes cultures appréhendent le bonheur. Certaines cultures pourraient accorder des priorités différentes ou avoir des modes de pensée qui influencent l'épuisement mental lié à la quête du bonheur. Les chercheurs pourraient aussi investiguer si certains traits de personnalité rendent les individus plus vulnérables à cette fatigue de courir après le bonheur. Cerner ces subtilités aiderait à élaborer des stratégies adaptées pour améliorer le bien-être de divers groupes.

Il serait précieux d'examiner si des techniques ou pratiques spécifiques peuvent atténuer l'épuisement mental dû à la poursuite du bonheur. Des exercices de pleine conscience ou de méditation pourraient offrir des moyens de préserver le contrôle de soi et de maintenir des niveaux de bonheur stables. Un autre point de vue intéressant serait d’analyser l'influence de la technologie sur le comportement de recherche du bonheur. Avec les réseaux sociaux occupant une place majeure dans nos vies quotidiennes, ils pourraient accentuer la pression perçue d'être constamment heureux. En examiner les effets offrirait des pistes pour réduire cette pression.

Enfin, d'autres études pourraient se pencher sur la durabilité du bonheur. Les chercheurs auraient beaucoup à gagner en étudiant la pérennité des objectifs de bonheur sur de plus longues périodes. Suivre des participants sur plusieurs mois ou années pourrait révéler si les efforts à court terme pour être heureux diffèrent dans leurs impacts sur les ressources mentales par rapport aux stratégies à long terme. Cela pourrait orienter les individus vers des pratiques durables plutôt que des solutions rapides.

Ces orientations de recherche pourraient affiner notre compréhension du bonheur et créer des moyens plus efficaces pour promouvoir un bien-être durable. À mesure que notre savoir s'enrichit, les outils et conseils que nous proposons pour le bonheur pourraient devenir plus pratiques et accessibles à tous.

L'étude est publiée ici:

https://iaap-journals.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/aphw.70000

et sa citation officielle - y compris les auteurs et la revue - est

Aekyoung Kim, Sam J. Maglio. Happiness depletes me: Seeking happiness impairs limited resources and self‐regulation. Applied Psychology: Health and Well-Being, 2025; 17 (1) DOI: 10.1111/aphw.70000

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