Nouvelle étude : impact culturel sur les hormones liées au PTSD chez les Turkana du Kenya

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Par Francois Dupont
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ParisUne étude récente menée par des chercheurs de l'Arizona State University et de la Naval Postgraduate School se penche sur les effets du TSPT (trouble de stress post-traumatique) sur les hormones au sein d'une société non industrialisée. Elle s'intéresse particulièrement aux Turkana, un groupe de pasteurs au Kenya. Contrairement aux études antérieures centrées sur des populations occidentales, celle-ci révèle qu'il n'y a pas de modification des niveaux de cortisol entre les guerriers Turkana atteints de TSPT et ceux non affectés. Cependant, les hommes Turkana souffrant de TSPT affichent des niveaux de testostérone plus bas le matin par rapport à leurs homologues sans trouble. Ces découvertes suggèrent que les différences culturelles pourraient influencer la manière dont le corps réagit au TSPT. Les chercheurs pensent que le mode de vie actif et les pratiques culturelles des Turkana pourraient offrir une certaine protection contre les effets négatifs du TSPT. Cette étude souligne l'importance d'inclure des populations diverses dans la recherche pour mieux comprendre les aspects biologiques du TSPT. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour explorer pourquoi ces schémas hormonaux varient entre les cultures.

Influence culturelle

L'étude met en lumière comment les contextes culturels peuvent façonner les réponses physiologiques au TSPT. Dans les sociétés occidentales, le TSPT est souvent associé à des déséquilibres hormonaux, en particulier des niveaux de cortisol. Mais cette recherche révèle que les guerriers Turkana du Kenya manifestent une réponse hormonale distincte.

Les influences culturelles jouent un rôle crucial dans la manière dont les personnes gèrent le traumatisme. Dans les contextes occidentaux, le soutien communautaire pour les soldats après le combat peut faire défaut, ce qui affecte leur santé mentale et hormonale. En revanche, les Turkana bénéficient de liens communautaires solides et de rituels culturels après les raids, qui pourraient les aider à se prémunir contre les effets négatifs du traumatisme. Ce soutien social pourrait expliquer la stabilité de leurs niveaux de cortisol, comparée à celle des victimes de TSPT occidentales.

De plus, le mode de vie des Turkana est différent. Ils sont physiquement actifs et profondément ancrés dans leurs pratiques culturelles. Leur mode de vie pourrait naturellement réguler les hormones du stress, telles que le cortisol et la testostérone, contribuant à leurs schémas hormonaux uniques malgré l'exposition aux traumatismes.

Cela suggère que comprendre le TSPT nécessite davantage qu'une approche purement médicale. Il est essentiel de considérer comment différentes cultures gèrent le traumatisme et le stress. Les systèmes de soutien émotionnel et communautaire en place peuvent influencer la réponse naturelle du corps au traumatisme. Cette étude implique que le contexte culturel est crucial pour comprendre le TSPT et remet en question les vues actuelles sur l'universalité des symptômes et des réponses du TSPT.

Cette perspective élargie encourage des approches plus conscientes des cultures dans le traitement du TSPT. Aborder la santé mentale ne devrait pas adopter une approche universelle, mais tenir compte des antécédents culturels individuels pour gérer efficacement la condition.

Recherche future

Une étude récente sur le TSPT au sein de la communauté Turkana souligne l'importance de comprendre comment les différences culturelles peuvent influencer les réponses hormonales du corps face au traumatisme. Cette recherche remet en question la croyance selon laquelle le TSPT affecte universellement les niveaux de cortisol comme observé dans les populations occidentales. Comprendre pourquoi les individus Turkana atteints de TSPT présentent des niveaux de cortisol normaux mais une testostérone matinale plus basse pourrait offrir de nouvelles perspectives sur le traitement et la compréhension du TSPT.

Les futures recherches devraient se pencher sur la façon dont les systèmes de soutien culturel et les rituels aident potentiellement les individus à gérer les impacts physiologiques du traumatisme. L'intégration des guerriers Turkana dans leur communauté et l'approbation culturelle qu'ils reçoivent pourraient jouer un rôle clé dans la stabilisation des niveaux hormonaux. Il est impératif que les chercheurs examinent comment les pratiques culturelles et les activités physiques influencent les réponses hormonales au trauma dans différentes sociétés.

En outre, élargir les recherches pour inclure davantage de sociétés non industrialisées pourrait dévoiler une gamme plus diversifiée de réponses physiologiques au TSPT. Cela pourrait finalement mener à des approches plus personnalisées et culturellement sensibles dans le traitement de la santé mentale. Les scientifiques devraient aussi explorer le rôle de l'exercice physique, bien intégré au mode de vie Turkana, dans le maintien de la stabilité hormonale dans des contextes de TSPT.

Les conclusions de ces recherches incitent à réévaluer la manière dont le TSPT est diagnostiqué et traité à travers différentes cultures. Elles soulignent l'importance de ne pas se fier uniquement aux études des populations industrialisées pour tirer des conclusions universelles sur la biologie humaine. Des recherches plus inclusives pourraient enrichir notre compréhension du TSPT et contribuer au développement de stratégies de traitement plus efficaces et culturellement informées.

L'étude est publiée ici:

https://academic.oup.com/emph/advance-article/doi/10.1093/emph/eoaf004/8016434

et sa citation officielle - y compris les auteurs et la revue - est

Matthew R Zefferman, Michael D Baumgarten, Benjamin C Trumble, Sarah Mathew. Little evidence that posttraumatic stress is associated with diurnal hormone dysregulation in Turkana pastoralists. Evolution, Medicine, and Public Health, 2025; DOI: 10.1093/emph/eoaf004

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